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Cette page a été mise à jour le 15 novembre 2006

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[Repris du blogue de Gudo Wafu Nishijima rôshi]

7/28/2006

2- L'entraînement spécial de mon père

Mon père me sert d'entraîneur


Lorsque je pense à ce qui m'a tant attiré vers le Bouddhisme, quoique n'ayant pas été élevé dans une famille particulièrement religieuse, je me rappelle généralement l'entraînement spécial à la course que mon père m'avait fait faire dans mon enfance.

Quand j'avais 6 ou 7 ans, je n'étais guère costaud. Ma taille était très petite, et on ne pouvait pas me tenir pour fort. A chaque année, il y avait dans les écoles primaires des compétitions d'athlétisme, auxquelles j'arrivais toujours bon dernier.

Je suppose que c'est la raison du souci de mon père. Un soir, après souper, il me demanda de l'accompagner pour une promenade. Il finit par trouver un endroit où il y avait peu de monde, et m'ordonna de courir jusqu'au prochain lampadaire, peu distant de nous, et de revenir en courant là où nous nous trouvions. Je n'en comprenais pas la raison, mais je n'avais aucune raison de le lui refuser, c'est pourquoi je lui obéis. Et nous recommençâmes chaque soir.

Sans m'en rendre compte, la longueur de la course s'allongea progressivement. Le moment de la journée passa, de son côté, du soir au matin. Au fur et à mesure, la distance parcourue s'accrut énormément, et je finis par courir sur près de 3 kilomètres. A chaque jour, pendant ma course, mon père m'attendait au point de départ, et je suppose qu'il avait très froid quand il m'attendait dans la rue pendant l'hiver, mais il poursuivit ses efforts pendant des années sans se lasser.

Cependant, d'énormes changements étaient en cours en moi. A l'école primaire, de la première à la troisième année, j'étais toujours bon dernier à la course, dans les compétitions d'athlétisme. Mais de la quatrième à la sixième et dernière année du primaire, je fus toujours premier.

En même temps, d'autres changements eurent également lieu. Par exemple, quoique clairement toujours un enfant, je sentais que mes tendances enfantines disparaissaient, et que mes attitudes dans la vie quotidienne étaient davantage adultes. On aurait dit que j'avais perdu cette tendance enfantine à passer de la joie extrême à la tristesse tout aussi extrême. J'étais bien plus calme et bien moins émotif. Ma façon de penser, également, devenait plus réaliste et je devins beaucoup moins romantique ou hypersensible. Et même si je le regrettais un peu, le fait était ce qu'il était, et il m'était impossible de changer les choses à ma guise. Et je n'en étais pas heureux.

Un froid matin d'hiver, je remarquai que mes mains étaient incroyablement chaudes, mais sans que je pusse comprendre pourquoi. Devant une telle bizarrerie, je me trempai les mains dans l'eau froide d'un bassin prévu pour les pompiers dans la cour de l'école. J'étais tracassé. Certes, en y repensant aujourd'hui, il me paraît bien naturel d'avoir eu les mains aussi chaudes après avoir couru si fort avant le déjeûner. Parfois des épisodes inhabituels de ce genre me reviennent à la mémoire de mon enfance.



Réaction à la vie réglée

Aux environs de mes treize ans, comme j'étais très timide, j'ai cessé de courir, en dépit de l'avis de mon père. Le plus étrange, c'est que lorsque je cessai de courir, ma vie cessa d'être régulière. Sans tout à fait m'en apercevoir, il m'était quand même assez claire que ma vie quotidienne avait graduellement perdu son aspect régulier. Il m'était devenu difficile de rester à la maison, et je me mis à errer dehors, à aller au cinéma, à chercher des livres d'occasion, et ainsi de suite. Bref, même si ça m'était très inconfortable, il m'était devenu complètement impossible d'avoir la même régularité de vie qu'avant.

Evidemment, je voulais en sortir, mais en réalité, cela m'était impossible, et j'en souffrais de plus en plus.

A cette époque, je me suis mis à lire beaucoup de bonne littérature japonaise, de même que des romans et des textes anglais, français, allemands, russes, etc., en traduction japonaise. Le gouvernement japonais faisait alors de grands efforts pour maintenir l'étalon or pour sa monnaie, et les choses en étaient donc très peu chères. La valeur de l'argent était très élevée, ce qui me permettait d'acheter plein de bons livres d'occasion pour pas cher.

J'ai donc pu me cultiver à bon marché. Cette façon que j'avais de lire au hasard se révèlerait plus tard très significative pour moi, dans mon approche à la vérité grâce à la pratique de Zazen.

J'avais aussi pu voir beaucoup de films étrangers français, allemands etc., et ces films étrangers furent pour moi les meilleurs manuels d'apprentissage de l'humanisme euro-américain.

En fait , ce qui m'a sauvé de cette adolescence confuse, ce fut la proximité des examesns d'entrée au lycée. Cette confusion avait progressivement diminué et un jour, je me trouvai régulier à nouveau, alors que je courrais dans la rue. C'est alors que j'ai clairement fait le rapport entre le fait de courir et la régularité de ma vie. Je me rappelle qu'il y avait alors une quarantaine de lycées gouvernementaux, et j'ai choisi celui de Shizuoka. Plus tard, j'ai su que j'avais passé l'examen littéraire parmi les premiers.


L'athlétisme au Lycée

Juste après les examens, je reçus de nombreuses invitations à me joindre à des équipes sportives, mais je voulais faire de l'athlétisme. Au collège, j'avais une ceinture noire de judo, c'est pourquoi l'équipe de judo aurait bien voulu que je me joigne à eux, mais c'était l'athlétisme que je voulais, à cause de mon expérience de la course.

Je me rappelle nettement que mon gabarit ne me prédisposait guère à l'athlétisme, mais je pensais qu'avais beaucoup d'entraînement, je pourrais résoudre le problème tout naturellement. Autrement dit, je pensais que de s'entraîner durement était la seule solution..

J'ai relevé ce défi avec bien trop d'obstination et je fus vraiment très stupide en la matière, pour parler honnêtement, de trop présumer de mes forces. En même temps, étant donné la stupidité et l'obstination de mes efforts en athlétisme, j'ai trouvé quelque chose qui est un fait pur et sincère, un fait qui se manifeste en tant qu'acte à tout moment.

Lorsque cette épreuve stupide prit fin, je me pris à penser que les civilisations ont généré tant d'excellentes et puissantes philosophies à travers toute l'histoire. Je continuai à penser que si nous les étudiions, on devrait pouvoir en trouver une qu'on pourrait appeler la Vérité, sans faute. Cela me suggéra que si on était sincère et persistant dans l'effort, on pourrait découvrir une philosophie ou une religion qu'on pourrait qualifier de Vérité sans doute. Je pris donc la résolution de la chercher.


La suite: Les deux révérends maîtres


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Dogen Sangha

 

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